Poitou

Publié le par Olivier

poitouLe Poitou qui a formé les trois départements de la Vienne, des Deux-Sèvres et de la Vendée, se divise, pour la nature du sol, en trois régions bien distinctes :

 

  • à l'est et au sud, la plaine ;
  • à l'ouest et au sud-ouest, le marais ;
  • au milieu, suivant une direction oblique du sud-est au nord-ouest, une arête montagneuse de granit et de schiste, qui constitue les collines peu élevées de la Gâtine et du Bocage.

 

L'HABITATION

Les maisons, d'une grande simplicité, comportent généralement un rez-de-chaussée avec grenier, et sont construites en pierre, sauf les anciennes habitations paysannes du marais du Nord, pauvrement bâties en torchis (argile et roseaux hachés).

 

Dans la plaine et le marais, où la pierre est salpêtreuse, les murs en moellons sont crépis au mortier de chaux, et blanchis, la pierre de taille étant réservée aux linteaux et aux jambages des baies.

 

Dans le Bocage, le schiste et le granit fournissent des matériaux à l'abri des intempéries atmosphériques, et le crépissage est jugé superflu.

 

Pour tout le pays, le caractère commun de l'habitation est la couverture en tuile creuse, d'une belle tonalité jaune et rouge.

 

Dans les grandes et moyennes exploitations, la maison est isolée de ses dépendances, c'est à dire du fenil, de l'étable, et du "balai"; dans les petites propriétés, c'est le principe du toit unique qui domine, pour abriter gens, animaux et récoltes.

 

Le plan de la petite maison rurale (et de la moyenne) obéit à deux dispositions.

 

Tantôt la pièce commune, où l'on couche, où l'on mange, communique à gauche avec l'étable et l'écurie, tandis qu'à droite s'y accolent le four, les toits à porcs et à poules ; tantôt elle est disposée en profondeur, l'étable, le poulailler, la porcherie s'étendant en arrière de la pièce commune, complétée par la laiterie et le cellier.

 

Dans les maisons de ferme et les habitations aisées de construction récente, l'intérieur comporte deux pièces : la chambre commune et la "belle chambre".

 

On en construit même avec couloir central, sur lequel s'ouvrent d'un coté la cuisine-salle à manger et cellier, de l'autre deux chambres à coucher.

 

Dans les plus récentes, le sol, au lieu d'être en terre battue, est revêtu de ciment.

 

Parfois même la "place" est pavée en carreaux céramiques.

 

La chambre commune est chauffée au bois par une grande cheminée, qui sert (ou plutôt qui servait) d'âtre au four construit en arrière.

 

Dans les intérieurs aisés, elle est doublée, pour la cuisson des aliments, d'un "potager fixe" chauffé au charbon de bois ; mais le fourneau de fonte au charbon de terre s'introduit dans beaucoup de demeures.

 

Le long du mur, généralement au-dessous de l'unique fenêtre, l'évier, fait d'une dalle de pierre, reçoit un seau de bois, muni de sa "coussotte" pour puiser l'eau, et une "buie" de grès.

 

L'écoulement des eaux ménagères se fait à l'extérieur et sans conduit fermé.

 

L'éclairage a joué, jusqu'au XXéme siècle, un rôle très secondaire dans la maison poitevine, le paysan se levant et se couchant avec le soleil.

 

Dans les maisons d'autrefois, à peine éclairées par une étroite fenêtre, la lumière venait de la porte, tenue constamment ouverte.

 

La nuit venue, on s'éclairait au "chareuil" ou à la chandelle de résine.

 

La chandelle de suif, puis la bougie, se sont introduites peu à peu, avec le chandelier ou le martinet de cuivre ou de fer-blanc.

 

Dans certaines habitations, on se sert maintenant d'acétylène, et beaucoup de bourgs ou de villages jouissent même de l'éclairage électrique.

 

 

LE MOBILIER

à compléter

 

 

LE COSTUME

à compléter

 

 

L'ALIMENTATION

à compléter

 

Spécialités culinaires

Les menus des hôtels en Poitou comme ailleurs, se sont modifiés à l'instar de Paris.

 

Mais dans les familles bourgeoises, on a conservé la tradition

-du poulet sauté aux pommes de terre,

-du confit d'oie,

-du petit salé aux choux,

-du "pirot" de chevreau,

-du pâté en croûte de Pâques (oeufs durs, volaille, veau et porc),

-des escargots au vin,

-des cuisses de grenouille en blanquette,

-et sur les côtes, de la chaudrée de poisson, succulent bouillabaisse.

 

Les plats les plus spécialement vendéens sont :

-le lièvre à la vendéenne,

-l'embeurrée de choux pommés,

-les mogettes (haricots) à la crème.

 

La bouilliture d'anguilles, des environs de Niort, vaut celle de l'Anjou.

 

Les patés de foie gras de Civray constituent une spécialité délectable.

 

La contrée produit des fromages de chèvre, dont certains de haut goût et de forte senteurs :

-aux Deux-Sèvres appartiennent le fromage de la Mothe-Saint-Héray, onctueux et délicat, et celui de Saint-Loup près de Thouars,

-la Vienne a son célèbre Chabichou, qui se mange frais ou "fait", et qui, dans ce dernier état,demande une initiation particulière pour être apprécié.

 

On prépare partout les caillebottes chères à Rabelais, et on vend de petits pots de caillé.

 

Le touteau fromage est une friandise locale, qui consiste en une pâte brisée dans laquelle on introduit un petit fromage de chèvre sucré, délayé dans un peu de lait, et cuit à four modéré.

 

La fouace, le pruné, rival du pâté de prune angevin, l'échaudé, les craquelins, et ces autres spécialités qui font venir l'eau à la bouche :

-macarons et biscuits de Montmorillon,

-angélique et chocolat à l'angélique de Niort,

-berlingolettes de Châtellerault,

-mélusines et macarons de Lusignan,

-biscuits de Parthenay,

-nougatine de Poitiers,

-macarons, feuilleté et frangipane de Thouars.

 

Boissons

Les grands crus sont inconnus, mais les petits vins de pays méritent qu'on les déguste.

 

Les vins rouges de la Foye-Montjault ont une célébrité régionale plusieurs fois séculaire.

 

Les vins blancs de Loudun (Saint-Léger, Montbrillais, Berrie, Pouançay, le Ternay) rappellent un peu les vins blancs secs d'Anjou.

 

Les petits vins de Saint-Georges et de Marigny-Brizay sont appréciés à Poitiers.

 

Dans les Deux-Sèvres, près de Parthenay, on récolte les vins de de Brézé et de Bourgueil.

 

Les vins de Thouars, blancs (Bilazais, Ligron, Taizé) ou rouges (Pompois) s'apparentent à ceux de Saumur.

 

En Vendée, on apprécie les vins de Mareuil-sur-Lay.

 

Signalons, en terminant, la bière de Montmorillon, justement réputée, et la liqueur d'angélique de Niort.

 

Publié dans Larousse ménager

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