On est le reflet de ce que l'on mange

Publié le par Docteur Paul Carton

Parmi les facteurs matériels de la santé, le plus important est celui qui concerne les apports alimentaires destinés à réparer les pertes chimiques et vitales des tissus. Si l'on mange trop ou si l'on ne mange pas assez, si l'on se nourrit d'aliments trop toxiques ou si l'on néglige de consommer certains produits indispensables, on finit par tomber malade ou par pléthore ou par dénutrition ou par intoxication ou par carence, mais toujours par cause alimentaire. Des désordres digestifs s'ensuivent d'abord (dyspepsie, dilatation d'estomac, congestion du foie, jaunisse, constipation, diarrhée, hémorroïdes), puis des troubles de l'état général et des émonctoires (migraines, faiblesse incitative, fièvre, état grippal,rhumes,angines, éruptions) qui préparent la venue des maladies déclarées. Donc, avant de subir les assauts d'une pneumonie ou d'une fièvre typhoïde ou d'une appendicite ou d'une scarlatine, etc., on reçoit d'abord des avertissements répétés du côté des voies digestives et de l'état général, qui devraient donner l'éveil sur l'imperfection de la conduite alimentaire et hygiénique et inciter à la corriger, plutôt que de combattre aveuglément les bienfaisants symptômes avertisseurs, à l'aide de médicaments qui ne font que masquer le mal, sans enlever ses causes.

 

A côté de cela, il peut arriver que des individus restent en état de santé et même parviennent à un âge très avancé tout en commettant les pires erreurs de régime alimentaire, de même que l'on peut observer des gens qui vivent vieux et sans grandes maladies tout en se livrant à l'ivrognerie, mais ce sont là des cas exceptionnels de résistance. Ils tiennent à ce qu'il s'agit presque toujours de personnes particulièrement robustes, issues d'une lignée campagnarde récente qui peut momentanément faire les frais du surmenage digestif.Toutefois, même en pareil cas, le mal accompli n'en porte pas moins ses mauvais fruits. Au lieu de frapper l'individu, qui débordait de résistance, il atteint sa race et il la fait décliner et dégénérer. A la deuxième génération apparaissent les manifestations d'arthritisme digestif et humoral que nous venons de signaler et à la troisième, les affections d'usure chronique accourent : insuffisances glandulaires et scléroses multiples (qui constituent l'essence de l'arthritisme invétéré), diabète, albuminurie, tuberculose, cancer, folie, idiotie.Et alors, une famille, solide au début, finit par s'éteindre dans la misère physiologique pour avoir, pendant deux ou trois générations, gaspillé ses réserves de vigueur, en abusant des boissons alcooliques ou encore des viandes, des poissons, des sucreries, de la cuisine forte, des aliments riches, des produits concentrés,dénaturés, frelatés et surexcitants.

 

Le caractère lui-même est à la merci du régime. L'alcool rend fou. L'abus des boissons fermentées, du café, du thé, du sucre, du tabac, agite et déséquilibre. La viande en excès rend brutal et passionné. Au contraire, la nourriture pure, douce et peu concentrée que fournit le régime végétarien favorise le rééquilibre mental et l'harmonie du caractère.

 

Le facteur alimentaire agit puissamment sur la mentalité des races humaines. Les peuples buveurs de bière, mangeurs de charcuterie et de condiments aigres sont lourds et brutaux. Les races latines buveuses de vin sont effervescentes. L'abus des fruits acides (oranges, citrons, tomates) et des condiments forts (ail, oignon, piment, vinaigre) crée des populations irritables et farouches (Espagne). Les hommes qui ne vivent que de poissons et de graisses (Esquimaux) sont adipeux et arriérés. Les peuples très carnivores sont envahissants et égoïstes. Les populations végétariennes (agriculteurs, Hindous) sont stables, pacifiques et de bon esprit. Les peuples modernes vivent agités et sont victimes de folies révolutionnaires et guerrières par suite de la progression insensée qui s'est accomplie depuis une centaine d'années dans la production et la consommation des aliments surexcitants : alcool, viande, sucre, thé, café, tabac. Si les hommes acceptaient de se nourrir, avec sagesse, d'aliments doux et purs, la bonne santé et la paix régneraient parmi les nations.

Publié dans La cuisine simple

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