Le quaternaire des tempéraments dans le corps social

Publié le par Docteur Paul Carton

La Société est un grand corps bâti sur le quaternaire comme l’individu. La constitution sociale peut, à l’image de la constitution personnelle, être harmonieusement développée et normalement hiérarchisée ou, au contraire, posséder ses hernies, ses carences, ses mauvaises hiérarchies de tempéraments.

 

En se basant sur les données déjà établies jusqu’ici, voici à quelles concordances on aboutit dans l’organisation synthétique et hiérarchique des éléments constitutifs d’une société bien construite.

 

Pouvoir

Protection

Chefs

Sagesse

Gouvernement

Unité

 

Savoir

Instruction

Intellectuels

Science et Religion

Conseils

Dualité

 

Répartir

Communication

Commerçants

Industrie

Corporations

Triplicité

 

Produire

Réalisation

Manuels

Agriculture

Assemblées

Multiplicité

 

Roi

Chefs

Savants

Religieux

Juges

Educateurs

Artistes

Agriculteurs

Industriels

Financiers

Commerçants

Paysans

Ouvriers

Employés

Soldats

Serviteurs

 

Un Etat ainsi constitué, en B N S L, se trouve dans l’ordre universel, forme une union synthétique et hiérarchique, obéit à la loi naturelle et surnaturelle.

 

Quand, au contraire, le commandement part d’en bas, comme dans les dictatures prolétariennes et quand les élites sont opprimées et détruites ou encore quand, par frénésie d’une fausse égalité, elles sont envahies par la foule des esprits insuffisamment évolués, le désordre, la discorde et les plus horribles cataclysmes sociaux se déchaînent. La société possède alors le mauvais tempérament L S qui ne connait que la matière, les besoins matériels, la répartition égalitaire des biens matériels, la réquisition et le gaspillage accéléré des biens matériels.

 

Quand la société est organisée en démocratie bourgeoise, c'est-à-dire en S L, elle est à la merci des financiers, des industriels et des commerçants ; elle manque de l’unité de direction indispensable, de la prédominance du jugement et de la moralité, du souci de prévoyance à l’égard des travailleurs manuels.

 

Quand la société se transforme en dictature religieuse ou civile elle est N S L. Elle approche de la vérité, mais comme les intellectuels ont usurpé la fonction du chef unique, l’organisme social se débat entre les excès d’autorité et les tentatives de rébellion.

 

Si, enfin, un seul chef, modèle de sagesse et d’indépendance, disposant de la force disciplinée (armée) (B), s’appuie sur le double conseil des savants et des religieux (N), commande aux agriculteurs, aux industriels et aux financiers (S), protège les travailleurs manuels (L), l’ordre et la paix règnent forcément dans la société qui est composée crucialement d’une partie mâle (B N), intellectuelle, créatrice, et ordonnatrice et d’une partie femelle (S L), matérielle, formatrice et exécutrice.

 

Telle est, pour le corps social, la loi de santé, fondée sur la science des tempéraments. Mais pour accepter cette conception, il faut se libérer des fausses panacées de l’égalité radicale de tous les hommes, du suffrage universel et de la liberté sans guide, il faut connaitre la loi d’évolution des hommes, qui explique les prédestinations, en montrant que la vie de chacun n’est pas un instant de conscience compris entre deux éternités vides, mais qu’un passé a précédé le temps présent et que l’effort d’aujourd’hui prépare l’étape d’après la mort.

 

Des peuples avaient déjà perçu, dés la plus haute antiquité, cette séparation quaternaire de la société d’après les degrés d’évolution, les aptitudes et les rôles des groupes humains. C’est ainsi que la civilisation hindoue distinguait quatre castes : les Kchatriyas, les Brâhmanes, les Vaisyas et les Soudras. Les Kchatriyas étaient le roi, les chefs militaires qui étaient des initiés. Ils avaient pour mission de protéger et d’exercer la charité. Le roi devait être véridique, circonspect, vertueux. Il se faisait aider de sept ou huit ministres choisis parmi les élites (Lois de Manou ; livre VII, 179). Les chefs devaient donner le bon exemple en ne s’abandonnant pas aux plaisirs des sens. Ils représentaient sur terre le Feu et le Soleil (Livre I, 80 ; livre VII, 7, 26 ; livre X, 74 et suivantes). Les Brâhmanes devaient enseigner le Véda, diriger les sacrifices, punir les Kchatriyas qui se livraient à des excès. Un brâhmane ivre perdait son rang et retombait à l’état de Soudra. Les Vaisyas comprenaient les commerçants, les agriculteurs, les marchands les prêteurs qui devaient exercer leurs métiers d’une manière légale et avoir soin de donner de la nourriture à toutes les créatures animées (Livre IX, 333). Les Soudras étaient serviteurs et ouvriers ; ils devaient être pourvus de tout le nécessaire par les autres classes et, par suite, se montrer soumis et sans arrogance. Une telle société était hiérarchisée dans l’ordre normal B N S L. Mais, ce qui fit sa décadence, ce fut que les Brâhmanes prirent le pas sur les Kchatriyas et que l’organisme social devint anormal : N B S L.

 

On voit par ces exemples, pourquoi dans nos sociétés modernes l’équilibre devient instable quand, privée de la direction spirituelle des éléments bilieux-nerveux (roi, combattants, religieux, élite intellectuelle), la collectivité n’est plus conduite que par les éléments sanguins-lymphatiques, uniquement préoccupés des choses matérielles : les bourgeois (avocats, financiers, industriels, commerçants) et les prolétaires. 

Commenter cet article