Le lait consommé à l'état liquide

Publié le par Docteur Paul Carton

Le lait est un aliment d'enfant. 

 

Dans la nature, il sert uniquement à la nourriture des petits des mammifères.

 

Aussitôt sevrés, ils n'ont plus d'attirance que pour les aliments solides. 

 

L'homme primitif ignorait l'usage du lait animal. 

 

Et même, à l'heure actuelle, des peuples entiers (Chinois) ne connaissent guère l'emploi que du lait de femme.

 

Pour les malades, le lait est loin de constituer un remède guérit-tout. 

 

Ses avantages apparents, dans certains états morbides, aigus et chroniques, tiennent à la diète relative et au sevrage des aliments toxiques, opérés corrélativement. 

 

Un sujet privé de boissons alcooliques, de viandes, de poissons, etc., se trouve amélioré plus par ces restrictions que par lelait introduit en substitution.

 

Le lait, en effet, est un mauvais aliment d'adulte et, de plus, il ne doit jamais servir de boisson désaltérante, car il empâte la bouche, paralyse la sécrétion gastrique, constipe, anémie (absence de fer) et finalement intoxique. 

 

Son action purement négative se réduit à la mise au repos, puis en torpeur et enfin en encrassement et en carence.

 

Consommé à l'état liquide, sous forme de café au lait, chocolat au lait, soupe au lait ou en boisson aux repas ou entre les repas, il est néfaste à tous les dyspeptiques, aux entéritiques, aux malades atteints d'affections viscérales chroniques, demigraines, d'eczéma, etc. 

 

On ne se figure pas les améliorations considérables et souvent même les guérisons que la grosse réduction ou la suppression du lait, pris à l'état liquide, permet d'obtenir.

 

L'utilité du lait et sa tolérance, même par bien des gens qui à coup sûr le digèrent mal à l'état liquide, sont, au contraire, évidentes, quand on s'en sert, sans abus, à dose réduite dans la confection de certains plats ou entremets, adjoint à de l'oeuf ou à des féculents (riz, farines, crèmes, gâteaux légers), ou encore modifié par le caillage spontané (lait caillé naturellement). 

 

Mais, il redevient lourd et mal supporté par les dyspeptiques, sous forme de fromage blanc double-crème (petit Suisse, Gervais). 

 

Au contraire, après les modifications d'une fermentation plus poussée, il est de nouveau plus alibile (Tomme de Savoie, St-Nectaire, Parmesan, Gruyère, Camembert, Coulommiers, etc.).

 

Publié dans Aliments

Commenter cet article