Le budget organique

Publié le par Docteur Paul Carton

Un organisme fait des recettes et des dépenses. Les recettes doivent l'emporter sur les dépenses dans le jeune âge et l'adolescence, tant que la construction corporelle n'a pas atteint son apogée. Puis, les recettes doivent équilibrer les dépenses pour que l'économie se maintienne en poids, en vigueur et en harmonie. La rupture d'équilibre par excès de recettes conduit aux maladies de pléthore, d'encrassement et d'usure précoce. L'excès de recettes combiné à l'excès d'activité ou de dépenses conduit au surmenage intensif, aux maladies d'usure organique, à la mort prématurée. L'insuffisance de recettes mène aux maladies de carence et aux infections par dénutrition. L'insuffisance de dépense physique (exercice) entrave la nutrition et provoque la débilité et la fragilité organiques.

 

Les recettes destinées à combler les pertes organiques se font principalement par l'alimentation digestive. Les autres modes d'introduction de matériaux nutritifs ont lieu par les poumons et la peau (air, radiations solaires) : d'où la nécessité de joindre la vie naturelle de grand air à l'alimentation bien réglée, pour se bien porter.

 

Au point de vue physique, un organisme est assez comparable à une machine, telle qu'une locomotive. Il est construit à l'aide de particules assemblées qui, comme les pièces métalliques, s'usent à force de servir et qui ont besoin d'être rechangées. Il ne peut fonctionner que s'il possède des matériaux combustibles qui correspondent au charbon du tender. Il ne peut entrer en action que s'il est alimenté de forces d'expansion, d'aliments vitalisés, qui représentent l'eau et la vapeur de la chaudière et que s'il est mis en marche par des excitations.

 

Cela revient à dire que le régime alimentaire pour être normal et complet doit comprendre des aliments réparateurs destinés à remplacer les usures des tissus corporels, des aliments combustibles propres à entretenir la chaleur et l'énergie motrice du corps, des aliments vitalisés capables d'assurer la recharge vitale des tissus et des aliments excitants qui jouent le rôle d'allumettes et de leviers d'action.

 

La chimie et la physiologie ont enseigné que les aliments réparateurs sont ceux qui sont riches en matières albuminoïdes ou azotées, d'une part, et ceux qui renferment beaucoup de sels minéraux, d'autre part ; que les aliments combustibles sont les produits qui contiennent beaucoup d'amidon, de graisse ou de sucre ; que les aliments vitalisés ou vivants sont fournis par les aliments crus et créés par la vie végétale.

 

Les principaux aliments azotés ou réparateurs sont les oeufs, le lait, les fromages, les céréales, le pain, les champignons, les légumineuses, les fruits oléagineux,

le chocolat, la viande, les poissons.

 

Les aliments minéralisants sont : les légumes verts, crus et cuits, les céréales (pain bis ; flocons ; le blé cru trempé), les fruits doux, l'eau pure, le jaune d'oeuf, le lait et les fromages.

 

Les aliments combustibles comprennent les féculents : céréales, farines, semoules, pain, pâtes, pommes de terre, riz, légumineuses, marrons ; les graisses : beurre, huile, fruits oléagineux ; les sucres : fruits doux, miel, pain d'épice, chocolat, sucre industriel.

 

Les aliments vitalisés sont donnés principalement par des végétaux crus : le blé, la salade et les légumes crus; les fruits crus ; puis, par certains produits vitalisés par les fermentations : le pain,le lait caillé, les fromages, la farine de malt Heudebert.

 

En dehors de ces besoins chimiques existent des nécessités d'excitation sapide et mécanique pour achever la présentation d'un régime parfait. L'excitation sapide est donnée par les aliments de haut goût, les produits stimulants, les condiments, la cuisine bien préparée, sans être, pour cela, ni trop relevée, ni trop concentrée. L'excitation mécanique est fournie par la présence d'aliments incomplètement assimilables qui laissent des déchets cellulosiques, utiles pour assurer l'excitation motrice et le balayage de l'intestin: fruits, légumes verts, céréales entières.

Publié dans La cuisine simple

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OKORITE Justin 28/12/2014 16:44

Excellente info. J'ai imprimé ce livre du Dr Paul CARTON et m'y réfère très souvent. J'ai aussi son ouvrage beaucoup plus complet (924 pages) : Traité de Médecine d'Alimentation et d'Hygiène Naturiste.
L'analogie avec une locomotive est saisissante mais ce qui m'a le plus profité, c'est de comprendre que la source de notre énergie découlait du combat que notre corps soutenait pour s’approprier l'énergie des êtres vivants que nous ingurgitons.

Merci.